Une recherche balbutiante et insuffisante pour aborder la complexité de la maladie

La recherche sur le MCS est encore balbutiante et l’effet cumulatif d’expositions à des substances chimiques, qu’elles soient massives ou répétées dans le temps reste encore largement inexpliqué.

En effet, seule une petite fraction des 80 000 produits chimiques actuellement commercialisés a fait l’objet d’études. C’est le cas notamment du bisphénol A, dont l’effet sur la santé commence à être reconnu.

Plusieurs équipes de chercheurs s’investissent cependant à travers le monde et font avancer la connaissance de la maladie et des théories commencent à voir le jour comme celle de l’emballement du cycle NO/ONOO décrite par le Docteur Martin Pall.

Martin Pall, biochimiste américain et professeur honoraire à l’Université de Washington stipule l’existence d’une cause commune à l’ensemble des maladies environnementales.
Le déclenchement de ces maladies serait en effet lié à l’accumulation d’une toxine, l’oxyde nitrique dans le système nerveux central, qui entraînerait la présence de niveaux élevés de peroxynitrique, à l’origine de dommages tissulaires. Dans un livre paru en mai 2007 « Explaining unexplained illnesses », il décrit ainsi les perturbations du cycle NO/ONOO, impliquant ces deux composés chimiques et propose un protocole de soins visant à le réguler.
Les résultats d’une étude italienne parue en avril 2010 confirment également la théorie de Pall (donner les références Chiara de Lucaa). Cette étude démontre que 3 éléments du cycle NO/ONOO sont présents en quantité plus importante chez les patients atteints de MCS que dans la population générale : les cytokines inflammatoires, l’oxyde nitrique et le stress oxydatif.
Pour mieux comprendre les mécanismes du déclenchement du MCS, Dieter Wicher, du Max Plank Institute en Allemagne, propose par ailleurs d’étudier les mécanismes de dérégulation des voies intracellulaires, via la fixation des molécules chimiques sur les récepteurs présents à la surface des cellules.
Début 2010, dans un article intitulé «Mécanismes toxicologiques et d’hypersensibilité » paru dans la revue de toxicologie américaine « General and Applied Toxicology » il démontre l’origine toxicologique de la maladie MCS et les failles de la théorie psychosomatique.

Claudia Miller est Professeure de médecine environnementale à l’Université du Texas, à San Antonio (Texas). Elle s’intéresse aux causes environnementales des maladies et œuvre pour la prévention, le diagnostic et le traitement des maladies liées à l’environnement. Elle est l’auteur du QUEESI, le questionnaire qui s’est imposé comme standard en matière d’évaluation de l’intolérance chimique.
Elle est également co-auteur d’un livre intitulé : « L’exposition aux produits chimiques : faibles doses et grands enjeux » et a également écrit de nombreux articles publiés dans la littérature scientifique sur risques pour la santé des expositions à des faibles doses de produits chimiques.

William Réa est docteur en Médecine reçoit des patients MCS depuis plus de 20 ans dans son centre spécialisé situé à Dallas (Texas).
Dans un livre intitulé « Réversibilité des maladies dégénératives chroniques et de l’hypersensibilité », il étudie la façon dont les polluants environnementaux s’associent aux facteurs génétiques et au mode de vie pour perturber les mécanismes d’autorégulation de nos cellules. En se fondant sur de nombreux cas cliniques, il explore la relation entre la pollution environnementale et le déclenchement des maladies environnementales et explore les moyens d’inverser les dysfonctionnements ainsi induits.

Grace Ziem

Le Docteur Grace Ziem a plus de 38 ans de pratique médicale et a suivi de nombreux patients atteints de MCS. Sur son site www.chemicalinjury.net, elle dresse la liste des substances à risque pour les malades MCS.